Auteur : Pascaline Nogrette

  • Pourquoi votre généalogie en Martinique ou en Guadeloupe semble bloquée ? 5 causes fréquentes

    femme antillaise effectuant des recherches généalogiques sur ses ancêtres en Martinique.

    La généalogie antillaise comporte des spécificités liées à l’histoire de l’esclavage, de l’abolition de l’esclavage et des migrations qui les ont suivies.

    Les ancêtres esclaves n’avait qu’un prénom (parfois un surnom), mais pas de nom.

    En 1848, à l’abolition de l’esclavage, les nouveaux libres reçoivent de l’administration coloniale un patronyme et figurent donc dans les registres d’état civil.

    L’engagisme africain, chinois, indien débute dans les années 1950. 

    Les actes contenant des noms étrangers sont encore plus variables et imprécis.

    Une recherche bloquée ne signifie pas qu’elle est terminée. Elle peut souvent être relancée. En recherchant de façon différente ou en explorant d’autres pistes.

    1. Le patronyme de votre ancêtre a changé au fil du temps

    Il est fréquent qu’un ancêtre martiniquais ou guadeloupéen apparaisse sous plusieurs orthographes différentes selon les actes. 

    Au fil des générations, le nom a été raccourci ou allongé. 

    Les différents sons comme « ou », « an », « au » peuvent être modifiés par l’officier d’état civil présent. Sans que l’individu, qui souvent, ne sait pas lire, ne relève l’erreur. 

    Par exemple, la généalogie de la famille Bingonde s’arrête nette quand le nom n’est plus correctement orthographié. Il était plus anciennement écrit Bingon, et à l’origine, Bengon.

    2. Votre ancêtre n’est pas né dans la commune où vous le recherchez

    En généalogie Martinique comme en généalogie Guadeloupe, les déplacements entre communes sont plus fréquents qu’on ne l’imagine. 

    Votre famille est présente, depuis des générations, sur la même commune. 

    Pourtant l’ancêtre que vous recherchez ne figure sur aucun registre de cette commune. Malgré la sédentarisation des populations suite à  l’esclavage et à l’engagisme, certains déplacements ne sont pas inscrit sur les registres d’état civil.

    Vous êtes originaire de Trinité et à la 5ème génération, vous ne retrouvez pas l’acte de naissance de Francette. Pourtant, elle donne naissance à l’hospice de Trinité à un enfant né sans vie.

    La commune de naissance de la mère n’est pas toujours mentionnée dans l’acte de l’enfant, il est alors possible qu’elle vienne d’une autre commune plus ou moins proche de l’hospice.

    3. Les registres d’état civil comportent parfois des erreurs

    Nous l’avons déjà évoqué avec les patronymes modifiés.

    Il y a également des erreurs sur l’âge des individus.

    Un âge qui ne correspond pas peut vous empêcher de retrouver l’acte de naissance de l’individu. Ou rendre plus difficile la recherche d’un individu parmi plusieurs homonymes.

    Récemment, je recherche Marie L.. L’ acte de naissance de son premier enfant mentionne qu’elle est née vers 1869 – 1870.

    Je trouve dans le même temps 2 autres Marie L. qui sont nées en 1874 et 1879. A l’aide d’un autre acte, j’ai pu déterminer que la Marie L. que je recherchais, était plutôt née en 1874, soit 5 ans après.

    4. Certaines archives ont disparu ou sont incomplètes

    Certaines destructions sont liées à des catastrophes naturelles ou à des événements historiques. Vous n’avez alors pas accès à certains actes qui vous permettraient d’avancer d’une génération.

    Il est, par exemple, impossible de retrouver un acte de naissance à Saint-Pierre en Martinique en 1900, suite à la destruction des archives lors de l’éruption de la Montagne Pelée.

    5. L’information recherchée se trouve dans une autre source que l’état civil

    L’état civil ne contient pas toujours toutes les informations nécessaires pour construire son arbre. Certains déplacements sont consignés dans des archives spécifiques : registres militaires, registres du bagne, et permettent de comprendre la trajectoire complexe d’un ancêtre. Et ces archives permettent de trouver des informations ou de les confirmer. 


    Une recherche bloquée n’est pas forcément une impasse

    Que vous travailliez sur une généalogie en Martinique ou une généalogie en Guadeloupe, une branche bloquée ne signifie pas nécessairement que les recherches sont terminées. Il existe souvent d’autres pistes à explorer. 

    Si vous avez l’impression de tourner en rond dans vos recherches, j’ai réuni dans un guide gratuit, 10 pistes concrètes pour relancer une généalogie antillaise bloquée.

    Guide offert pour débloquer généalogie antillaise

  • Des listes de navires aux listes de noms : retrouver les engagés africains de Martinique

    Navires sur l'océan

    Il y a quelques mois, je partageais sur Instagram et par ma newsletter, les listes de navires ayant transporté des engagés africains vers la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane.

    Ces documents suscitent toujours beaucoup d’émotion et de questions.

    Car derrière les convois, les dates d’arrivée et les numéros de matricule, il y a des vies. Des hommes, des femmes et des enfants déracinés, dont l’histoire reste encore largement méconnue.

    Qui étaient les engagés africains ?

    Les engagés africains étaient des personnes captives en Afrique, rachetées puis “libérées” par des Français afin de venir travailler dans les colonies après l’abolition de l’esclavage.

    Entre 1857 et 1862, environ dix mille d’entre eux arrivent en Martinique.

    Dans les archives, ils apparaissent souvent sous l’appellation “immigrants africains”.

    Leur histoire se situe dans une période charnière : après l’abolition de 1848, mais dans un système de travail qui conserve encore de nombreuses formes de contrainte.

    Le problème des listes existantes

    Après la publication des listes de navires, j’ai reçu énormément de messages.

    La question qui revenait le plus souvent était :

    « Comment savoir si j’ai un ancêtre engagé africain ? »

    Et presque systématiquement, la même remarque :

    « Dommage que ces listes ne soient pas nominatives. »

    En effet, les documents disponibles indiquent généralement :

    • le nom du navire,
    • la date d’arrivée,
    • le nombre d’hommes, de femmes et d’enfants transportés,
    • ainsi que les numéros de convois.

    Ces informations sont précieuses lorsqu’un acte d’état civil mentionne un immigrant africain.

    On peut par exemple lire :

    « Arrivé par le navire Renaissance, le 6 mars 1862, sous le numéro 4185. »

    Mais ces listes ne permettent pas encore d’identifier clairement chaque personne transportée.

    Le déclic : créer des listes nominatives

    Et puis j’ai eu un déclic.

    Pourquoi ne pas relever tous les noms des engagés africains présents dans les archives de Martinique ?

    L’objectif serait double :

    • réaliser un véritable travail de mémoire,
    • mais aussi créer enfin des listes nominatives reliant les individus à leur navire d’arrivée grâce à leurs numéros de matricule.

    Cela permettrait peut-être aussi de retrouver des groupes de personnes arrivées ensemble, ayant partagé une traversée, voire une histoire commune avant même leur arrivée aux Antilles.

    La tâche est immense.

    Mais je suis déterminée à la mener.

    Déjà 250 noms relevés en une semaine

    En une seule semaine de recherches, j’ai déjà relevé 250 noms d’immigrants africains dans une seule commune, sur dix années d’archives.

    Et certains destins bouleversent profondément.

    Le plus jeune enfant retrouvé jusqu’à présent avait 6 ans lors de son décès.

    Il s’appelait Boumba.

    Il portait le numéro matricule 3984.

    Arrivé le 20 décembre 1859 par le navire Splendide, il meurt le 22 septembre 1860.

    Lui aussi possédait un contrat d’engagement.

    Et pourtant, fait troublant : aucune filiation connue n’est indiquée dans l’acte, alors qu’il était arrivé à l’âge de 5 ans seulement.

    Une autre question apparaît : le marronnage des engagés africains

    Au fil des relevés, d’autres éléments interpellent.

    Pour certains décès, les témoins ne peuvent fournir ni l’âge exact, ni le numéro de matricule de la personne décédée.

    Et ces situations apparaissent souvent lorsque l’individu a été retrouvé hors de l’habitation où il était engagé.

    Pourtant, les engagés devaient normalement obtenir une autorisation pour quitter l’habitation.

    Alors une nouvelle question émerge :

    Les engagés africains pratiquaient-ils eux aussi le marronnage, comme les esclaves avant eux ?

    Les archives permettront peut-être d’apporter des réponses.

    Un travail de mémoire encore largement à construire

    Chaque nom retrouvé permet de redonner une existence à des personnes longtemps restées invisibles dans l’histoire.

    Au-delà de la généalogie, ce travail touche à la mémoire collective martiniquaise et antillaise.

    Et ce n’est probablement que le début.

    Télécharger gratuitement les listes de navires des engagés africains

    Retrouvez les convois d’immigration africaine vers la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane entre 1854 et 1862.

  • Retrouver ses ancêtres esclaves en Martinique : par où commencer ?

    Vous voulez retrouver vos ancêtres en Martinique, Guadeloupe, Guyane ou à la Réunion? Et surtout, savoir par où commencer ?

    Voici une méthode simple pour débuter votre généalogie pas à pas.

    Femme noire assise à un bureau aux archives. Photo de Tima Miroshnichenko sur Pexels.com

    Peut-on vraiment retrouver ses ancêtres esclaves ?

    Oui… mais avec une méthode simple pour avancer pas à pas.

    Pour remonter jusqu’à un ancêtre esclave, il faut passer par plusieurs étapes.

    C’est un peu comme un château de cartes : sans la base, tout s’effondre.

    Pourquoi ?

    • parce que nos ancêtres esclaves sont à environ 6 à 8 génération de nous.
    • les noms de famille ont été attribués après l’abolition de l’esclavage en 1848
    • les archives avant cette période sont plus complexes
    • certaines informations sont fragmentées et parfois perdues.

    Cela ne veut pas dire que c’est impossible.

    Cela signifie simplement qu’il faut suivre une méthode.

    Pour ne pas se perdre ou nager à contre-courant.

    Les erreurs à éviter

    Beaucoup de personnes commencent par chercher :

    • des archives anciennes datant de 1848
    • des documents historiques
    • des listes liées à l’esclavage

    Le problème ?

    Ces documents sont très difficiles à exploiter.

    Car ils ne prouvent pas votre lien familial avec ces documents.

    Malgré des documents intéressants, il n’est pas rare qu’après la frustration arrive l’abandon.

    Par où commencer

    La première étape est plus simple qu’on ne le pense.

    Il faut commencer par votre famille proche.

    1 – Interroger votre entourage

    Commencez par poser des questions à :

    • vos parents
    • vos grands-parents
    • vos proches

    Notez :

    • les noms
    • les prénoms
    • les lieux
    • les souvenirs et anecdotes
    Homme noir qui présente un cadre avec des photos de famille anciennes Photo de Mehmet Turgut  Kirkgoz sur Pexels.com

    2 – Rassembler les documents existants

    Regardez si vous avez :

    • le livret de famille
    • des actes de naissance
    • des photos datées

    3 – Rechercher dans l’état civil

    Une fois ces premières informations réunies, vous pouvez commencer à chercher :

    • des actes de naissance
    • de mariage
    • de décès

    C’est cette étape qui vous permet de construire votre arbre généalogique.

    Difficile de commencer

    Des proches qui ne parlent pas

    Des parents et grands-parents décédés

    Ne pas être reconnu.e par son père

    Manque de temps

    Ne pas savoir par où commencer

    Et après

    Une fois que vous avez identifié les trois à quatre premières générations, vous pouvez commencer à explorer des périodes plus anciennes.

    Vous pourrez alors utiliser des sources plus spécifiques, comme les Archives Nationales d’Outre-mer – ANOM.

    Retrouver ses ancêtres en outre-mer est un parcours. Toujours émouvant, parfois complexe… mais toujours possible.

    L’important n’est pas d’aller vite mais de commencer dans le bon ordre.

    Pour vous aider à démarrer simplement, j’ai créé un guide gratuit pour commencer votre généalogie pas à pas.

    Voici la première étape pour commencer sereinement :

    guide pour commencer sa généalogie en Martinique
    Guide généalogie antillaise

    Guide PDF gratuit – accessible immédiatement

    Je m’appelle Pascaline, je suis spécialisée en généalogie antillaise.
    J’aide les personnes à retrouver leurs ancêtres et à reconstruire leur histoire familiale, même lorsqu’elles ne savent pas par où commencer.